Les Usagers de Bibliothèque Henri Guillemin : Déséquilibre des Sexes

Stagiaire Léonardo à la bibliothèque Henri Guillemin à Bordeaux3, j’ai fait une étude des publics venant à la bibliothèque fin juin 2012.   Ce qui me frappe bien avant tout, c’est la différence entre les lecteurs et les lectrices qui utilisent la bibliothèque.  Les chiffres se passent de commentaires : la proportion s’élève à 1 homme pour 4 femmes.  Donc, la question s’impose : pourquoi cette disparité ?

La première question à se poser concerne l’offre documentaire et les collections : suffisent-elles à expliquer la fréquentation plus importante des femmes ?  On trouve à la bibliothèque des œuvres sur la littérature (française, anglaise, canadienne, américaine), l’histoire, la politique, la philosophie, la linguistique, les beaux arts.   Y aurait-il une inclination de la part des femmes pour la littérature aux dépens d’autres matières, comme par exemple les sciences ou la technologie ?

Une recherche récente (2007) effectuée par l’université de Cambridge indique que c’est en effet le cas.  Selon l’article 70,1% des personnes qui font leurs études en humanités sont du genre féminin contre  41% de femmes étudiant dans les domaines scientifiques.  La supériorité numérique de femmes se manifeste de plus en plus dans d’autres matières telles que le droit.

Mais qu’importe ces différences  ! Après tout , les hommes ont eu le droit exclusif à l’éducation pendant des siècles.  De nos jours on rétablit l’équilibre, autant à la bibliothèque Henri Guillemin qu’ailleurs !

Emprunter des livres électroniques… et l’ordinateur qui va avec !

Troppi pensieri per studiare

Les bibliothèques universitaires vous proposent de plus en plus de ressources numériques. Vous pouvez les consulter sur place : des ordinateurs sont à votre disposition dans la plupart des bibliothèques du réseau.

Mais vous pouvez aussi choisir de les consulter ailleurs, comme pour un livre imprimé. Dans ce cas, après identification, vous pourrez de la même façon accéder à la ressource. Si vous ne disposez pas d’ordinateur personnel, vous pouvez toujours en emprunter un auprès des services numériques, et ce pour une durée de trois semaines.

Aimez-vous les fleurs de Shanghai ?

Sur les 4800 DVD présents à la BU lettres, des dizaines de « best borrows »,  DVD empruntés et réempruntés plus de dix fois, cinquante fois et même plus de 100 fois … Peu d’ouvrages présents en bibliothèque peuvent se prévaloir d’une telle performance.

Le documentaire, un autre cinéma (DR)Les fleurs de Shanghai, un film de Taiwan qui raconte les amours coupables de la haute société chinoise au 19ème siècle, Les temps modernes de Charlie Chaplin, Metropolis de Fritz Lang, La vie est belle de Roberto Benigni, La haine de Mathieu Kassowitz … font partie de ces DVD à grand succès de Bordeaux 3. Prescriptions des enseignants ou choix personnels, difficile de savoir surtout pour des titres plus confidentiels comme Inch’Allah Dimanche,  la noce, le cerf-volant et Wesh Wesh… empruntés plus de cinquante fois.

Mais peu importe les spéculations…  Que vive le cinéma d’auteur, de tous les pays, de toutes les cultures, de toutes les tendances, pourvu qu’il soit l’expression sincère et passionnée de leurs auteurs … Le plaisir ne se boude pas et le choix pléthorique, documentaire ou fiction, cinéma asiatique ou italien, 3 DVD pour 15 jours … mais rien ne vous empêche de renouveler vos prêts de DVD tous les jours. Pas de modération !

PS : Le cinéma se lit aussi à la BU lettres !

Des liseuses en prêt à la bibliothèque de l’IUT

Ceci n'est pas une liseuse

Ceci n’est pas une liseuse

Partir en vacances avec l’intégrale de Jules Verne pour 168 grammes ou simplement expérimenter la lecture numérique , c’est possible en venant emprunter une liseuse à la bibliothèque de l’IUT.

Les opinions divergent  sur ce  (pas si nouveau) mode de lecture. Très apprécié aux États-unis, notamment pour la lecture de la presse, les liseuses s’installent progressivement en France au coté des tablettes.

Faites-vous votre propre opinion et n’hésitez pas à faire partager vos impressions, en commentant cette page ou en en parlant à votre bibliothécaire préféré.

Des livres numériques, il y en a partout, des gratuits là ouou ailleurs et des payants ici, sur un site dont on vous a déjà parlé.

Bonne lecture !

Emile Durkheim à Bordeaux (1887-1902) : l’invention de la sociologie

Émile DurkheimLa paternité de la sociologie peut être discutée, la discipline peut  même revendiquer des ancêtres lointains comme Aristote et plus près de nous Montesquieu, Tocqueville et Marx. Durkheim n’était pas non plus tout à fait seul dans ce champ de recherches naissant mais derrière ce titre quelque peu journalistique il y a bien une réalité historique que vient de rappeler opportunément la semaine passée le colloque bordelais du centenaire de la publication en 1912 des Formes élémentaires de la vie religieuse.

Quand, jeune professeur agrégé de philosophie, Emile Durkheim (1858-1917) arrive à Bordeaux en 1887  il vient d’accomplir le voyage en Allemagne (comme les artistes faisaient le voyage en Italie) et sa nomination peut sans doute être interprétée comme un acte politique des responsables de l’enseignement supérieur de l’époque qui, depuis la défaite de 1870, avaient en ligne de mire les universités d’outre Rhin. Il est chargé du « Cours de pédagogie et de science sociale », une discipline entièrement nouvelle alors et fonde en 1895 à Bordeaux le premier département de sociologie dans une université européenne. N’oublions pas la perspective scientiste et la finalité morale qui lui est souvent liée en cette fin du 19ème siècle où l’on a assisté à de nombreux bouleversements et désordres sociaux : la science permet d’y voir plus clair et d’apporter des remèdes. Ses trois premiers livres, dont les titres sonnent encore « moderne » pour nous et reflètent bien les ambitions et les centres d’intérêt de cette science nouvelle ont été écrits à Bordeaux. De la Division du travail social (sa thèse) paraît en 1893, Les Règles de la méthode sociologique en 1895 et Le Suicide en 1897. Il a déjà publié des articles et réunis des éléments de son dernier grand livre Les Formes élémentaires de la vie religieuse quand il part pour la Sorbonne en 1902. Encore plus manifeste à la fois de l’institution d’une nouvelle discipline universitaire et de la cristallisation d’une école sociologique française autour des travaux et de la personnalité de Durkheim est la création en 1896 de L’Année sociologique, à la fois revue et recensement méthodique et critique des travaux menés dans la discipline et les disciplines connexes. Diffusion et validation des travaux scientifiques fonctionnent toujours sur ce modèle (la plupart des « Année… » ou de leurs équivalents étrangers datent de la fin du 19ème siècle ou du début du 20ème) actuellement.

Une exposition au Musée d’Aquitaine (l’ancienne faculté des Lettres et Sciences de Bordeaux où enseignait Durkheim et où se trouvait également la bibliothèque universitaire) accompagne jusqu’au 30 juin (accès libre) le colloque du centenaire et illustre cette aventure scientifique dont le premier laboratoire fut donc pendant quinze ans l’université de Bordeaux. Divers objets des collections bordelaises, les éditions originales des travaux de Durkheim ou de ses collègues étrangers dont beaucoup proviennent de la BU de Lettres y sont montrés. Sont présentés également deux registres de prêt où l’on retrouve les noms des professeurs et étudiants bordelais (dont certains deviendront professeurs à leur tour) de cette fin du 19ème siècle. Figurent par exemple, pour s’en tenir au champ de la sociologie, les noms de Léon Duguit, juriste important qui a emprunté à Durkheim la méthodologie sociologique (il suivait ses cours) ou de Marcel Mauss (que son oncle avait fait venir à Bordeaux pour sa formation), créateur de l’ethnologie française…

Le Mexique vous intéresse ?

Après l’annulation de l’Année du Mexique en France en 2011 suite aux implications diplomatiques de l’affaire Florence Cassez, le Mexique est revenu à la une de l’actualité en 2012. Le 1er juillet, les Mexicains choisiront leur nouveau président de la République pour 6 ans et renouvelleront leurs députés et leurs sénateurs, le tout en une seule journée ! L’occasion de mettre à jour ses connaissances sur ce grand pays de 113 millions d’habitants à la jonction de l’Amérique latine et de l’Amérique du Nord.

Les étudiants préparant le CAPES d’histoire-géographie n’auront pas le choix puisque le Mexique est l’un des 3 États au programme de la nouvelle question de géographie au programme avec ses 2 voisins nord-américains (Les États-Unis et le Canada !). Ainsi, plusieurs manuels ont été édités pour l’occasion. Lire la suite

Limonov

Limonov en 2011 (CC-BY-SA / Rodrigo Fernandez)

Limonov en 2011 (CC-BY-SA / Rodrigo Fernandez)

C’est le titre du dernier roman d’Emmanuel Carrère qui a reçu le prix Renaudot et s’est vendu à plus de 220 000  exemplaires en France en 2011. Le roman est inspiré de la vie de l’écrivain russe Edouard Limonov, plus connu pour sa vie riche en rebondissements que pour ses œuvres. D’après Emmanuel Carrère c’est une vie « qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » 

Quant à Edouard Limonov, voilà  comment il explique dans l’interview donné à Galina Ackerman l’intérêt du public français pour ce livre : « C’est simple: pendant un quart de siècle, voire plus, la France inculquait à ses citoyens la rectitude politique. Par conséquent elle est devenue un pays  intellectuellement stérile et infertile, où  la pensée libre est interdite de fait, quant au comportement libre dans la vie, il est considéré comme un crime. Comme la France n’a plus ni héros, ni antihéros, qui sont écrasés à peine éclos, alors, les Français observent à travers ce livre comme à travers un trou de serrure, avec horreur et admiration à peine cachée, un héros venu d’ailleurs. D’autant plus que ce héros ne leur est pas totalement étranger, il avait vécu chez eux, il comprend leur façon de penser… L’intérêt pour la Russie n’a rien à voir avec l’engouement pour ce livre, même si Carrère lui-même y croit. Non, il s’agit de l’intérêt pour la vie d’ une espèce d’homme interdit. Interdit en France. »
 
Le livre d’Emmanuel Carrère est disponible à la BU Lettres, tout comme les livres d’Edouard Limonov traduits en français. Vous pouvez également trouver les oeuvres d’Edouard Limonov en russe dans la bibliothèque virtuelle de Maxime Moshkov.