Mondial de foot : c’est parti

150px-WC-2014-Brasil.svg7341407Pas besoin de rappeler que la grande fête du football mondial débute aujourd’hui. Pour tout savoir ou presque, il existe une page wikipédia formidable.

Si le Brésil vous intéresse davantage que le foot, la bibliothèque universitaire de Lettres vous propose une sélection d’ouvrages sur les 3 étages du bâtiment. Notre CADIST ibéro-américain est particulièrement riche en littérature brésilienne (en VO mais aussi en traduction française). Nos fonds comprennent aussi des titres permettant de découvrir la civilisation brésilienne : histoire, géographie, architecture, cinéma, sciences sociales. N’hésitez pas à consulter et/ou à emprunter les ouvrages disponibles sur nos présentoirs.797

Si la chanson vous intéresse plus que le foot, vous pouvez revisiter en ligne les hymnes interprétés par nos plus grandes vedettes au fil du temps. Ils ne sont pas devenus des tubes inoubliables, qu’ils soient interprétés par Dalida ou par Johnny Hallyday.

Si tout vous intéresse plus que le foot, le choix de livres et de DVD est très important dans les différentes bibliothèques de l’université Bordeaux Montaigne et… les autres !

Participez au prix Lire en Poche / Sud Ouest du polar

lire en poche
Lire en poche et Sud Ouest vous proposent de voter pour votre polar préféré dans le cadre du Salon Lire en poche 2014.

Les titres sélectionnés peuvent être empruntés au  CRM IUT/IJBA. Vous pouvez demandez à les  faire venir dans une bibliothèque du campus en vous adressant à votre bibliothèque préférée.

Vous pouvez tenter de gagner un an de polar ou une invitation pour le dîner de gala du Salon Lire en Poche.

SÉLECTION

  • Thierry Bourcy, Célestin Louise, flic et soldat dans la guerre de 14-18. Folio Policiers, février 2014. Edition regroupant 5 aventures de Célestin Louise.
  • Dominique Forma, Hollywood Zero. Rivages/noir, janvier 2014.
  • Mons Kallentoft, La 5e saison. Traduit du suédois par Lucile Claus et Emmanuel Curtil. Points Policiers, janvier 2014.
  • Malcolm Mackay, Il faut tuer Lewis Winter. Traduit de l’anglais (Écosse) par Fanchita Gonzalez Batlle. Le Livre de Poche policiers, janvier 2014.
  • Matthew Quirck, Les 500. Traduit de l’anglais (USA) par Hubert Tézenas. Pocket thriller, janvier 2014.


[chronique BD] Gringos Locos

Gringo Locos (c) Dupuis

Gringos Locos (c) Dupuis

Le génial scénariste Yann peut légitimement s’octroyer le titre du plus fidèle fils spirituel de Franquin qui lui avait d’ailleurs confié son Marsupilami. Au tableau de chasse tout terrain de ce fin mercenaire, on compte aussi des albums de Spirou (dont l’excellent Groom Vert-De-Gris sous l’Occupation, déjà réalisé avec Schwartz au dessin, ou des adaptations en patois bruxellois et en breton), Freddy Lombard, Thorgal et sa fille, Lucky Luke, XIII ou Gastoon, digne neveu de son oncle gaffeur. Mais c’est à travers ses œuvres personnelles que Yann démontre toute sa verve de dialoguiste et sa science du gag, comme sa capacité à faire vivre des histoires passionnantes, toujours truffées de jeux de mots, de clins d’œil et de références historiques en variant les toiles de fond: Whitechapel au temps de Jack l’Eventreur (Basile et Victoria), la 2ème guerre mondiale (côté Pacifique avec Pin-Up, côté franco-anglais dans le jeu de massacre de La Patrouille des Libellules), le Paris des péripatéticiennes (Lolo & Sucette), le missionnariat sous les tropiques (Odilon Verjus, soldat du Christ chez les Papous), la guerre d’Algérie (O.A.S.), le Katanga de Bob Dénard et Mai 68 (Célestin Spéculoos), la guerre de Corée, les bas-fonds de Hong-Kong sous l’Empire Britannique et l’Amérique du Docteur Folamour avec Les Innommables, sa série la plus longue et son chef d’œuvre, réalisée en étroite collaboration avec Conrad.

Ce facétieux bruxellois d’adoption aime jouer avec la grande Histoire pour nous raconter les siennes, des histoires parallèles ou perpendiculaires, avec un sens de l’humour acide, aussi jubilatoire que provoc, tendre ou désespéré. Dans Gringos Locos, c’est à un épisode fondateur de la BD franco-belge qu’il s’attaque : l’Odyssée américaine menée par le tutélaire Joseph Gillain alias Jijé en capitaine de vaisseau, sa femme et ses trois enfants, accompagnés de Morris, jeune dessinateur de Lucky Luke au tempérament de chaud lapin, et d’André Franquin, suiveur gaffeur et sentimental, mi-Gaston mélancolique, mi-Averell torturé ; tout ce petit monde embarqué dans une grosse américaine pour traverser le continent d’Est en Ouest jusqu’à Tijuana, quittant la vieille Europe que Jijé pensait vouée à la 3ème guerre mondiale (on est en 1948), avec le doux espoir bravache de conquérir l’Amérique et de se faire embaucher par Disney.

Cette épopée picaresque est également mise en perspective dans une interview de Yann s’expliquant sur la mouture de ce projet vieux de trente ans et les vives critiques qu’à suscité, de la part de la fille de Franquin et des cinq enfants Gillain, sa prépublication dans le Journal de Spirou en 2012. Un droit de réponse d’un des fils Gillain apportant sa version de l’histoire est même inclus dans un portfolio truffé de photos d’époque. La morale de celle-ci étant sûrement résumée par la mythique imprécation de John Wayne dans L’Homme qui tua Liberty Valance, habilement placée en exergue: « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprime la légende ! ».

Auteur de la chronique : Thierry Spaite