Festival international du film d’histoire à Pessac : Culture et Liberté

Pour Jean-Noël Jeanneney « la contrainte féconde et la liberté mortifère ». Les limites imposées, celles politiques, sociales ou même intellectuelles, sont autant de frontières à franchir pour l’esprit libre. De l’entrave naît la création qui finalement devient une nouvelle forme de culture, une culture innovante.

Cette idée est abordée via de nombreux exemples à l’occasion du 27ème Festival international du film d’histoire à PESSAC. La manifestation, qui a lieu du 14 au 21 novembre, propose une série de projections, mais aussi de rencontres sur cette thématique.

affiche-festival-pessac

Intitulé cette année « Culture et liberté », ce rendez-vous est l’occasion de redécouvrir l’inventivité qui perdure dans ses diverses expressions artistiques même dans un contexte contraignant.

Une bibliographie vous permettra de mieux appréhender les enjeux. La bibliothèque histoire/histoire de l’art (Élie Vinet) vous propose en parallèle une exposition où tous les livres sont empruntables.

Bonne lecture !

Cannes, la Palme d’Or : « Moi, Daniel Blake » de Ken Loach

Moi, Daniel Blake :Ken Loach, 2016

Moi, Daniel Blake / Ken Loach, 2016

En attendant de pouvoir voir au cinéma la Palme d’Or du Festival de Cannes, décernée cette année au film « Moi, Daniel Blake« de Ken Loach, vous pouvez retrouver l’œuvre et les combats du réalisateur anglais dans les bibliothèques de l’Université Bordeaux Montaigne.

Reflets du soleil sur la selection des BU :-)

À lire également dans la presse, les nombreuses réactions dans les médias. Pour lire en ligne, tapez Ken Loach dans Europresse.

Vous y trouverez les articles du Monde qui titre sobrement lundi 23 mai :  « Festival de Cannes : la Palme d’or pour Ken Loach » et présente l’ensemble du palmarès, Le Figaro qui revient sur les nombreuses récompenses reçues par le réalisateur à Cannes (« Ken Loach: un parcours cannois semé de récompenses », Le Figaro.fr, lundi 23 mai 2016).

Beaucoup de commentaires sur la conscience « de gauche » qui serait à l’œuvre dans l’attribution de cette Palme et sur ses usages politiques en France comme par exemple Challenges qui titre « Ken Loach, BHL: quand Cannes renoue avec sa conscience de gauche » (Challenges, Lundi 23 mai 2016) ou Le Point qui affirme « Cannes 2016 : Palme de la récupération politique » (Le Point.fr, no. 201605,  lundi 23 mai 2016).  L’AFP recense ces critiques dans son article « Ken Loach Palme d’or à Cannes: un choix conventionnel sous le feu des critiques » (AFP – Journal Internet AFP lundi 23 mai 2016.).

D’aucuns auraient préféré sacrer « Toni Erdmann » de Maren Ade. Télérama l’aurait attribué à « Paterson », de Jim Jarmusch.

Vivement que tout cela sorte au cinéma pour que nous puissions chacun décerner notre palme.

 

Festival du film d’histoire de Pessac : à l’heure du Proche-Orient

 

L’Orient est un territoire propice au fantasme. L’imaginaire qui transparaît à travers les films (Lawrence d’Arabie de David Lean) et la littérature (Les Mille et Une Nuits) est fécond. Pourtant cette dimension irréelle contraste fortement avec la dure réalité d’aujourd’hui : celle d’une zone de conflits et de tensions.

Cette opposition est l’un des sujets abordés à l’occasion du 26ème Festival international du film d’histoire à PESSAC. La manifestation, qui a lieu du 31 mars au 3 avril, propose une série de projections, mais aussi des débats sur des thématiques actuelles propres à cette partie du monde.

Affiche un si Proche Orient

Intitulé cette année « Un si Proche-Orient », ce rendez-vous est l’occasion de redécouvrir la monumentale richesse historique d’une région, la création artistique présente (notamment cinématographique), mais aussi de discuter des perspectives futures.

Une bibliographie vous permettra de mieux appréhender les enjeux dans un contexte social complexe. La bibliothèque histoire/histoire de l’art (Élie Vinet) vous propose en parallèle une exposition où tous les livres sont empruntables.

Bonne lecture !

Tip tongue… lire de l’anglais devient naturel !

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Les romans à suspense de la collection Tip Tongue démarrent en français, puis passent petit à petit en anglais. Associés à la plateforme en ligne, ils invitent le jeune lecteur à une véritable immersion en pays anglophone.
Ce projet vient de remporter le label européen des langues 2015 décerné par l’Agence Erasmus plus.

Pour en savoir davantage :  la page consacrée à ce sujet sur le site de l’université Bordeaux Montaigne,
ainsi que le site de l’éditeur Syros, où vous pourrez lire un extrait.

Et pour découvrir de près cette nouvelle collection, n’hésitez pas… ils sont disponibles en prêt à la bibliothèque Henri Guillemin

Ici la liste des titres disponibles en prêt !

 

 

 

Nouveauté numérique : Le grand Ricci

grand-ricciC’est avec une grande et réelle émotion que je vous présente le vénérable nouvel arrivant dans notre offre numérique :
Le Grand Ricci, dictionnaire chinois-Français classique, LA référence dans le milieu des sinologues et sinisants.

Il me rappelle les longues heures passées à tenter de percer le mystère de textes de chinois classique,  à l’aide de ce dictionnaire, qui ouvrait plus d’horizons qu’il ne donnait de solutions à ces exercices universitaires.
Seul notre professeur de l’époque, André Lévy, ancien professeur de l’université et directeur de l’UFR langues et civilisations étrangères, traducteur de grands textes classiques chinois, levait un peu le voile sur les trésors de cette littérature, cachés à nos yeux de potaches.
Pour le plaisir (ou la curiosité), je vous invite à taper « xin » dans le dictionnaire et à parcourir des yeux les 16 traductions du 1er mot. Cela vous donnera un petit aperçu de ce que pouvait être le jeu auquel cet éminent sinologue essayait de nous initier.

Signé : Une ex étudiante devenue bibliothécaire

Une rencontre à venir : les Rendez-vous de l’histoire à Blois

Les Rendez-vous de l’Histoire est une manifestation culturelle qui se veut un lieu d’échanges entre historiens. C’est aussi un rassemblement populaire proposant un salon du livre, des débats avec des intervenants ou bien encore un cycle cinéma.

A l’occasion de cette 18ème édition (du 8 au 11 octobre 2015 à Blois), la bibliothèque Elie Vinet vous propose une sélection d’ouvrages en rapport avec la thématique abordée cette année: les empires. Vous découvrirez ainsi une partie de ceux qui ont jalonné l’Histoire.

Rendez-vous de l'histoire

De l’Imperium romanum à l’Empire napoléonien, approfondissez vos connaissances grâce à une bibliographie et une exposition à la bibliothèque histoire/histoire de l’art où tous les livres sont empruntables.

Bonne lecture!

[Chronique BD] Les hommes sont des cons

Un homme qui appelle son chat Pipi et son chien Caca ne peut pas être foncièrement mauvais. A fortiori quand ce misanthrope forcené s’avère doté d’un talent certain pour le dessin, aussi aiguisé et coriace que son sens de l’humour.

Les hommes sont des cons, éditions les Cahiers dessinés (2013)

Les hommes sont des cons, éditions les Cahiers dessinés (2013)

À l’heure où la France semble émousser lentement une passion subite pour le dessin de presse, il est bon de se pencher sur l’œuvre des grands anciens de la profession, au rang desquels le bordelais Yvan Le Louarn alias Chaval siège en bonne place.

Après des débuts amèrement collabo au Progrès pendant la guerre, il publiera pendant presque trente ans dans des journaux aussi divers que Paris-Match, La Vie Catholique illustrée, Bizarre, Le Nouvel Obs, le Figaro, Ici Paris ou Planète, sans compromettre son esprit acide et désespéré de comportementaliste kafkaïen, jusqu’à son suicide en 1968.

Également cinéaste (de courts-métrages, dont le fameux « Les Oiseaux sont des Cons »), graveur et écrivain, il aura disséqué le « progrès », l’aliénation ordinaire et la condition de l’homme moderne en cultivant un humour à froid bien à lui, désopilant mélange d’humour noir, d’absurde et de non-sens, d’humour vache ou bête et méchant, capable du tour de force de dérider les plus aigris. Même Céline y succombait.

« Le burlesque de Chaval met en scène un monde qui serait interprété par un Buster Keaton sexagénaire et chauve sur un scénario de Beckett. »

Paru chez Les Cahiers Dessinés, excellent éditeur qui a pour but de mettre en valeur le dessin, trop souvent relégué comme parent pauvre des Beaux-Arts, Les Hommes sont des Cons compile des dizaines de dessins classés en cinq grandes thématiques: les hommes, l’art, la politique, l’amour et les bêtes, avec des recherches graphiques plus abstraites à la fin du Cahier.

D’un trait gras, vif et nerveux, Chaval croque sèchement des personnages à la Raymond Souplex, homoncules chauves à gros sourcils, comme taillés à la serpe. Des personnages qui pourraient évoquer le Chat de Geluck si le gros félin avait troqué son éternelle bonhomie contre l’ironie rageuse du désespoir : « Si mes dessins sont meilleurs que les autres, c’est qu’ils vont jusqu’au bout : ils détruisent tout. Mais ils vont jusqu’au bout parce que j’y vais moi même, et que je me détruis aussi ».

Auteur de la chronique : Thierry Spaite