Games of thrones IRL*, essai de relecture historique du Trône de fer

Siège VIIe ou VIIIe siècle (?) ; dossier et accoudoirs 2e moitié du IXe siècle
Bronze en partie doré ;
Insigne de la royauté provenant du Trésor de Saint-Denis
BnF, Monnaies, Médailles et Antique, Inv. 55-651

Le cycle du Trône de fer (Games of Thrones en anglais) de l’auteur américain George R. R. Martin s’inscrit dans la longue lignée de la littérature du merveilleux plus connue sous son appellation anglaise de « fantasy » particulièrement ancrée dans un univers d’inspiration médiévale.

Le propre de la fiction est bien souvent de proposer une lecture différente de la réalité. Il reste cependant possible de retrouver quelques caractéristiques du récit du Trône de fer dans l’évocation que nous délivre les historiens du haut Moyen-âge et de la période féodale du 6eme au 12eme siècle. Géopolitique des serments, royauté symbolique, expansion religieuse ou émergence du chevalier sont autant de thèmes issus de cette période souvent méconnue.

Loin d’épuiser le sujet, voici quelques suggestions de lecture disponibles à l’université autour de l’exemple français et scandinave :

Un petit jeu pour finir:

L’œuvre de George R. R. Martin présente au moins une qualité indéniable pour tout médiéviste qui se respecte. l’évocation des différents blasons des seigneurs des 7 royaumes suit en général les quelques règles qui structurent l’héraldique européenne.

Saurez-vous identifier l’origine historique des blasons ci dessous qui auraient pu inspirer le Trône de fer ?

Stark

Stark

Barathéon

Barathéon

Lannister

Lannister


* IRL:  « In real life » traduisez « rencontre réelle » ou « rencontre IRL » d’après le Grand dictionnaire terminologique

L’histoire de France s’écrit toujours

Féodalités, le 2e volume de la collection écrit par Florian Mazel

Lors de la dernière rentrée, une nouvelle collection d’histoire de France parue de 2009 à 2011, a fait son entrée dans les programmes d’histoire médiévale. Nous pourrions penser de prime abord que le projet d’écrire sur ce sujet ne peut consister qu’en une reprise des nombreuses histoires de France, générales ou thématiques parues notamment ces 30 dernières années. Cette réalisation nous rappelle au contraire qu’une science y compris « humaine », est soumise aux tensions de l’innovation. Dans son introduction vidéo à cette collection « Histoire de France » qu’il a dirigé chez Belin, Joël Cornette nous convie à pied d’œuvre du « chantier permanent » de l’histoire. En 13 volumes, vingt historiens reprennent le cours d’un récit pourtant maintes fois parcouru depuis le XIXème siècle.

Cette collection se singularise tout d’abord par son soucis de confronter le récit et l’analyse à la méthode avec la présence d’un chapitre récurent « L’atelier de l’historien ». Le lecteur est ainsi entrainé à questionner l’histoire en cours de rédaction, ses méthodes et ses problématiques. Le recrutement opéré dans le cadre de cette œuvre collective constitue ensuite l’autre caractéristique remarquable. En effet, les spécialistes mis à contribution ne sont pas encore issus de la frange des historiens consacrés. Cette génération apporte un regard neuf forgé à l’actualité d’objets historiques récemment investis.

Pour consulter et emprunter les ouvrages de la collection, rendez vous à la Bibliothèque universitaire de Lettres et à la Bibliothèque Elie Vinet et retrouvez les références de chaque volume dans Babord+ (Recherche « histoire france belin cornette »)