Games of thrones IRL*, essai de relecture historique du Trône de fer

Siège VIIe ou VIIIe siècle (?) ; dossier et accoudoirs 2e moitié du IXe siècle
Bronze en partie doré ;
Insigne de la royauté provenant du Trésor de Saint-Denis
BnF, Monnaies, Médailles et Antique, Inv. 55-651

Le cycle du Trône de fer (Games of Thrones en anglais) de l’auteur américain George R. R. Martin s’inscrit dans la longue lignée de la littérature du merveilleux plus connue sous son appellation anglaise de « fantasy » particulièrement ancrée dans un univers d’inspiration médiévale.

Le propre de la fiction est bien souvent de proposer une lecture différente de la réalité. Il reste cependant possible de retrouver quelques caractéristiques du récit du Trône de fer dans l’évocation que nous délivre les historiens du haut Moyen-âge et de la période féodale du 6eme au 12eme siècle. Géopolitique des serments, royauté symbolique, expansion religieuse ou émergence du chevalier sont autant de thèmes issus de cette période souvent méconnue.

Loin d’épuiser le sujet, voici quelques suggestions de lecture disponibles à l’université autour de l’exemple français et scandinave :

Un petit jeu pour finir:

L’œuvre de George R. R. Martin présente au moins une qualité indéniable pour tout médiéviste qui se respecte. l’évocation des différents blasons des seigneurs des 7 royaumes suit en général les quelques règles qui structurent l’héraldique européenne.

Saurez-vous identifier l’origine historique des blasons ci dessous qui auraient pu inspirer le Trône de fer ?

Stark

Stark

Barathéon

Barathéon

Lannister

Lannister


* IRL:  « In real life » traduisez « rencontre réelle » ou « rencontre IRL » d’après le Grand dictionnaire terminologique

Une histoire de l’Afrique médiévale

Longtemps, on a pensé qu’il n’y avait pas d’histoire en Afrique puisque qu’il n’y avait pas d’écriture. On sait aujourd’hui que  l’histoire ne commence pas avec l’écriture mais avec la domestication de l’agriculture. On connait aussi la raison pour laquelle les sociétés africaines n’ont pas développé les traditions écrites qui servent de source aux historiens : elles n’en avaient pas besoin, les spécialistes de la parole s’occupaient de la transmission de l’histoire.

Le dernier ouvrage de l’historien François-Xavier Fauvelle-Aymar, directeur de recherche au CNRS paru aux éditions Alma au printemps 2013, Le Rhinocéros d’or – histoires du Moyen Age africain, se veut une présentation de cette Afrique « des siècles d’or ».  Une Afrique pourvoyeuse d’or et lieu de riches royaumes.

Avant que l’Amérique ait été abordée par les européens, avant que les mines du Brésil aient été découvertes, l’or circulant en Occident provenait principalement de l’Afrique occidentale et australe où il a donné naissance à de riches empires : Wagadu, Ghana,  Mali, Songhai, Dahomey, Zimbabwe etc. L’histoire bien connue du pèlerinage à la Mecque du roi Moussa, qui prodigua tant d’or durant son voyage qu’il en fit déprécier la valeur au Caire pendant plusieurs années nous est rendue compte ici, non par les témoignages oraux des spécialistes de la parole, mais par d’autres sources.

L’auteur a en effet convoqué des traces écrites (lettres de négociants arabes, d’aventuriers, cartes de géographes), matérielles (vestiges archéologiques), il a comparé et critiqué les sources disponibles pour nous livrer une reconstitution de cette Afrique mobile, marchande et interlope d’avant les temps coloniaux. Un travail précis et passionnant qui ouvre des pistes de recherche sur l’Afrique aux temps médiévaux désormais abordée dans les classes du second degré.

Le Rhinocéros d’or – histoires du Moyen Âge africain, de François-Xavier Fauvelle-Aymar, Ed. Alma (2013) est disponible à la BU.

Il a fait l’objet , entre autre, d’une émission de radio : Les lundis de l’histoire sur France culture et d’un article dans la revue Histoire

Quelques lectures pour aller plus loin :